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L'histoire du village

La commune de Lans-en-Vercors représente l’une des principales entrées du Parc naturel régional du Vercors.
Longtemps isolé par une barrière naturelle et par des routes peu praticables ouvertes au XIXe siècle, le village de Lans, rural et montagnard, vivait alors au rythme de lents échanges avec la vallée de l’Isère.

L'époque des glaciers

Notre histoire commence il y a 320 000 ans. À cette époque, des glaciers recouvraient une partie du massif du Vercors. Lentement, et jusqu’à - 20 000 ans, ils ont modelé le Val de Lans.

Un énorme glacier... et un lac

Dans la vallée, au niveau de la cuvette de Grenoble, trois puissants glaciers se rejoignent : ceux de l’Isère, du Drac et de la Romanche.
Leur confluence permet à cette énorme masse de glace, de plus de  1000 m  d’épaisseur, de remonter la vallée du Furon et de venir s’arrêter à l’entrée de Lans–en-Vercors.

Barré par les glaciers de l’Isère et du vallon de la Fauge, le Val de Lans a été occupé par lac.
Des argiles et des limons ont tapissé le fond de la cuvette, ont permis de retenir l'eau et favorisé la formation d’un marécage tourbeux.
La platitude du val de Lans est due à l’accumulation d’une épaisse couche de sédiments (de 50 à 100 m par endroits).

L'arrivée de l'Homme

Entre - 55 000 et – 45 000 ans, à la faveur d'intermèdes moins froids, l’homme de Néandertal, nomade, s'est aventuré dans le Vercors pour chasser le bouquetin, le chamois et le sanglier.
C’est à la faveur d’un adoucissement climatique plus général, entre 15 000 et 12 000 ans avant J.C., que l’homme moderne va fréquenter durablement le Vercors. À partir de - 5000 ans, l’homme devient pasteur-agriculteur sédentaire .

Du ruisseau au torrent

À la fonte des glaciers, l’eau qui tombe dans le Val de Lans rejoint naturellement la vallée de l’Isère par des gorges profondes. Au fil du temps, la Bourne a creusé son lit.

À la naissance de la bourne...

La Bourne naît dans ce pré à 1000 m d’altitude. Tout au long du vallon, sur les flancs de la montagne, des sources émergent. Une couche de sable et  d’argile  imperméable empêche l’eau de s’infiltrer, une nappe contenue dans le calcaire s’est formée.

Paisible jusqu’à Villard, marquant des hésitations par un cours tout en méandres, la Bourne se gonfle de petits ruisseaux dans le Val de Lans. Puis elle s’engouffre dans des gorges étroites où elle est grossie par plusieurs résurgences, et se jette dans l’Isère au terme d’un voyage long de 42 km.

... une zone humide

Le val est marécageux. Ce milieu, souvent qualifié d’hostile par l’homme, a néanmoins des fonctions importantes : réelle  éponge  lors des crues, il permet de réguler le débit des rivières et d’éviter des inondations en aval.
C’est une petite “station d’épuration“ : sa flore  filtre l’eau et absorbe des sels minéraux.

 

La vie au Moyen-Âge

À partir de l’an mil, nous avons la trace d’une population permanente sur la commune de Lans-en-Vercors.
Les pieds au sec sur ce monticule naturel s’est édifié un château.

L’arrivée des seigneurs de Lans

Après l’émiettement de l’empire de Charlemagne, de petits seigneurs locaux prennent le pouvoir sur des parcelles de territoire. Ils construisent de modestes châteaux afin d’asseoir leur autorité et de garantir une protection aux populations environnantes.
À la fin du XIe siècle, on trouve mention de la famille du célèbre chevalier Rainold, et de son frère Guigues, chanoine de la cathédrale de Grenoble. Cette famille a occupé ce château mais elle va bientôt passer sous la tutelle du seigneur de Sassenage.

La motte castrale

Pour édifier le château, ce monticule naturel est le lieu idéal ; du point de vue stratégique, il domine le val de Lans, et pour les conditions de vie, il se trouve à proximité de  sources.

Le premier château semble être constitué d’une tour en bois entourée d’une palissade et d’un fossé, pour protéger les villageois en cas d’attaque. Autour de cet édifice s’organise la vie paysanne ; une basse-cour jouxte peut-être le château. Au château de terre et de bois succéda un château de pierre, encore occupé au XVe siècle.

La Révolution Française

Le hameau le plus important…

Nous pouvons nous faire une idée de la vie à Lans durant la Révolution grâce à une enquête de M. Neyton, instituteur à Lans en 1887. Ce texte a été rédigé pour le centenaire de la Révolution française. Lans était alors chef-lieu de canton, mais le 20 novembre 1799 le titre passe à Villard “grâce à l’influence d’une famille qui y résidait (…). Le hameau le plus important, le vrai chef-lieu de la commune, était alors le Peuil, bâti autour du château du marquis de Sassenage, et d’une maison avec une tourelle, bien conservée, qui appartenait en 1789 à monseigneur  du Monnet ou à ses héritiers (…)”.

… avant la Révolution

Nous apprenons que de nombreux soldats réfractaires à la conscription, au moment des guerres de la Révolution, se sont réfugiés dans certains endroits secrets. Quand ils étaient pris, ils étaient incarcérés au village : “Une prison existait au Peuil, près du château, avant la Révolution. La clef en avait été confiée à un nommé Mure Ravaud, maréchal-ferrant au Peuil”. Durant cette période, les Lantiers étaient très attachés à l’Église réfractaire à la République.

M. Neyton procède ensuite à une description de la vie des Lantiers à cette époque : “L’élevage n’était véritablement pratiqué que sur les hauteurs, le fond du val étant jugé trop humide. Le chanvre y était très cultivé.La laine filée à Sassenage était transformée à Lans en drap grossier”.

L'arrivée des Pataches

En 1827, la grande voie de communication débouchant des gorges du Furon a permis aux diligences de pouvoir atteindre Lans-en-Vercors.

La toute première route

Avant la route, les liaisons avec la vallée de l’Isère se faisaient à dos de mulet par des sentiers étroits et escarpés. En 1827, après 9 ans de travaux d’élargissement, le chemin de grande communication n°6 fut inauguré.
De Sassenage à Villard-de-Lans, en passant par Lans, cette grande route fut la première à désenclaver le Vercors. Elle restera unique pendant plus de 15 ans.

Dès lors, ce furent des chariots remplis de marchandises et des diligences débordant de voyageurs qui atteignaient le Vercors.

Des voyages épiques

 

À cette époque, les routes du Vercors étaient caillouteuses et rapidement détériorées par les lourds charrois. C’est cahin-caha que la diligence de l’époque, “la patache”, atteignait la commune.
Ces voitures montées sur 4 roues suspendues par des ressorts métalliques étaient tirées par des chevaux. Sur la route, des relais permettaient de faire des haltes pour laisser descendre les passagers, mais aussi pour changer les montures épuisées par la montée.

La patache était tirée par deux chevaux jusqu’à Sassenage puis par  six chevaux pour pouvoir atteindre la plaine de Lans. Sur la commune de Lans, c’est au carrefour des routes de Villard, Lans et Autrans que se trouvait le relais des diligences : le relais de Jaume.

L'essor de l'économie du bois

À la fin du XIX e siècle, la forêt offre des ressources non négligeables aux habitants de Lans. Les routes vers la vallée de l’Isère permettront le transport des grumes.

L’art des bûcherons et des scieurs

L’exploitation du bois devient un  métier. Il fallait de l’expérience pour tomber un beau sapin. C’est à la hache et à la scie que le bois était coupé. Ensuite, à l’aide d’un treuil à manivelle appelé “la chèvre”, il était chargé sur un char. Tirées par des vaches de la race de Villard-de-Lans (dite “Villarde”) ou par des chevaux, les grumes étaient acheminées jusqu’aux scieries et débitées.
Au printemps, à la fonte des neiges, la force de l’eau faisait tourner les scieries de Lans à plein régime.

Vers une gestion moderne

Jusqu’à la Révolution, le seigneur avait un droit de propriété inaliénable, même si d’autres droits de jouissance étaient reconnus aux Lantiers sur les biens communautaires : un droit d’affouage pour le bois de chauffage, et un droit de marronnage pour la construction.

À la Révolution, la confusion est générale : les forêts deviennent communales. Dans la première moitié du XIXe siècle, les habitants se servent souvent jusqu’au pillage. Certains trouvent dans leurs papiers de famille des reconnaissances ancestrales et revendiquent au cadastre de 1833, dit “de Napoléon”, la pleine propriété de certains terrains.

Ce n’est qu’après 1850 que l’aménagement et la mise en valeur des forêts furent effectivement entrepris. À Lans, en 1893, l’Administration des Eaux et Forêts (l’ONF actuel) divise les forêts communales de Lans en séries et parcelles. L’important travail de  régénération  commence ; une gestion méthodique et des coupes planifiées ont depuis lors abouti à la constitution de magnifiques futaies mixtes de feuillus (le hêtre) et de résineux (le sapin et l’épicéa).

Le coquetier

Au début du XX e siècle, le coquetier se déplace de ferme en ferme pour ramasser et aller vendre dans la vallée les produits agricoles, en particulier les œufs, d’où son nom.

Du livreur…

Le coquetier est l’un des précurseurs du commerce qui se met en place avec la vallée. Equipé d’une carriole à grandes roues tirée par un ou deux chevaux, il sillonnait les villages du Vercors. Une fois par semaine, il effectuait le trajet jusqu’à Grenoble. Par les routes caillouteuses, il descendait des œufs délicatement posés dans des cagettes remplies de paille. Il transportait aussi des pots de beurre fondu, du fromage et même des veaux.
Le coquetier ne reprenait la route que le lendemain, mais pas à vide, il remontait les denrées demandées par les habitants : du sel, du riz et du sucre. Il ramenait aussi du travail pour les femmes du plateau, en particulier la matière première pour faire des  gants : Grenoble est à cette période la capitale mondiale du gant de luxe.

… aux coopératives laitières

L’absence de transport frigorifique et les difficultés de ramassage font que la production laitière était jusqu’alors transformée sur place, à la ferme, en beurre et en fromage. En 1911, seul le lait de Lans est expédié à Grenoble. Un camion passe à domicile, ramasse le lait produit dans les fermes proches de la route. Il part à 4h30 et arrive à Grenoble à 7h environ.
À cette époque, on assiste à un changement d’attitude chez les éleveurs du plateau. Ils s’organisent et décident de mettre leurs productions laitières  en commun : les premières coopératives se créent.

Le tramway

Le tramway : une histoire longue…

Un premier projet de chemin de fer est présenté à la ville de Grenoble en 1887, abandonné en 1905 à cause de la durée des procédures.
En 1906, la Société Grenobloise de Tramways Electriques propose un nouveau trajet, qui aboutit à une première mise en service de la section Grenoble / Seyssins (7 km environ).
Entre 1914 et 1918 les rails sont posés jusqu'à Saint-Nizier par des travailleurs italiens et des prisonniers allemands. La ligne Grenoble / Villard-de-Lans est mise en exploitation en 1920.
Suite à un glissement de terrain en 1938, la section St-Nizier / Villard-de-Lans n'est plus rentable, sa fermeture est décidée.
En 1947, l'exploitation sur la section Seyssins / St-Nizier est arrêtée, et l'année 1951 signe la fermeture définitive de l'ensemble de la ligne de tramway.

 

... pour une vie courte !

Construit trop tard, démoli trop tôt, le “Grenoble-Villard-de-Lans” a connu un destin trop bref pour marquer les mémoires.
À l’achèvement de la ligne en 1920, les machines étaient déjà dépassées. Les motrices sont rapidement devenues archaïques.
Dès la fin des années 1930, avec la concurrence des autocars beaucoup plus rapides, il fallait prendre une décision quant au devenir de la ligne. Deux options étaient alors envisagées : soit investir dans un matériel plus moderne de manière à diminuer le temps de trajet, soit abandonner, démanteler la ligne. La deuxième option a été prise.

 

À la recherche de l'air pur

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le développement du climatisme favorise la venue d’une population qui a besoin du bon air.

Une station climatique…

Pour vaincre la  tuberculose, responsable à l’époque de 90 000 morts par an, une solution : vivre à l’air pur, se reposer, se suralimenter. Réputé pour son climat sec et ensoleillé, Lans possède tous les atouts pour attirer les malades. Par peur de la contagion, la population locale voit d’un mauvais œil l’implantation de sanatoriums, bâtiments spécialisés.
Les maires de Lans et de Villard soutenus par la population s’opposent alors à leur construction. La commune se lance dans le séjour d’enfants délicats et convalescents.

Un comité médical consultatif se met en place pour constater l’absence de maladies contagieuses. Ces mesures assurent à Lans une réputation de station climatique modèle, au slogan évocateur : “Pour récupérer force et santé, venez à Lans. Un soleil éclatant, ni brume, ni brouillard”. De nombreux hôtels et des maisons d’enfants (une vingtaine sur la commune) sont construits durant cette période, parmi lesquels l’hôtel du Val Fleuri.

... reconvertie

Dans les années 1970, cette activité semble atteindre un palier. On assiste alors à une baisse du nombre de cures conventionnées prises en charge par les caisses de sécurité sociale et les caisses complémentaires. Parallèlement se développent les séjours verts ou les séjours de neige dans les maisons d’accueil. Les aériums et les maisons d’enfants changent alors d’affectation, nombre d’entre eux sont devenus des centres de vacances, d’autres encore ont été transformés en maisons d’habitation ou scindés en appartements.

Les lantiers aujourd'hui

La station et le village…

Au sein du Parc naturel régional du Vercors (PNRV), entre montagnes, plateaux, falaises et forêts, le village se situe dans un cadre naturel d’une grande qualité, où se côtoient une faune et une flore variées.
Le domaine des Montagnes de Lans offre une multitude d'activités : domaine skiable l'hiver, lieu de randonnées à pied ou à cheval, courses d'orientation, VTT, trail l'été...
Au village, le centre culturel et sportif Le Cairn et son cinéma, la diversité et la vitalité du réseau associatif, les activités de l'office de tourisme intercommunal, traduisent le dynamisme de la commune pour ses habitants et les touristes.

... périurbain

Après avoir connu une diminution de sa population dans les années 1960, Lans-en-Vercors a fait face à un fort essor démographique. Le dernier recensement compte 2668 habitants.
Le cadre de vie, le climat, l'identité montagnarde, le dynamisme de la commune, la proximité de Grenoble ont attiré beaucoup de nouveaux résidents.
Une grande vigilance est apportée pour garder la place de l'agriculture, de l'artisanat et de l'activité touristique sur le territoire, afin de conserver le dynamisme et l'authenticité du village et permettre un équilibre pour le bien-être de tous, habitants et touristes.

Pour aller plus loin :
Le Chemin du Patrimoine

Au départ de l’office de tourisme, ancienne gare du tramway, embarquez pour un voyage dans le temps.
De station en station, cet itinéraire pédestre balisé de 5,5 km, ponctué de 9 bornes d'interprétation pédagogiques, vous fait découvrir l’histoire de la commune.


Le parcour, qui alterne entre le village et les hameaux de Lans-en-Vercors, permet d’avoir les clés de lecture pour comprendre l’évolution historique et naturelle de Lans-en-Vercors.

Plus d'informations

Brochure Chemin du Patrimoine
Brochure Chemin du Patrimoine -